Panealbo attribué – Marie-Thérèse, comtesse d’Artois en Diane : rare iconographie rococo
7 500€
| Dimensions | H. 63.5 cm × L. 53.6 cm |
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GIOVANNI PANEALBO, attribué
PORTRAIT DE MARIE-THÉRÈSE DE SAVOIE EN DIANE
Description
GIOVANNI PANEALBO, attribué
PORTRAIT DE MARIE-THÉRÈSE DE SAVOIE EN DIANE
GIOVANNI PANEALBO
Turin, 1742 – 1815 Turin
Huile sur toile
63,5 × 53,6 cm / 25 × 21,1 pouces, avec cadre : 79,5 × 69,6 cm / 31,3 × 27,4 pouces
PROVENANCE
France, collection particulière
Ce rare portrait de jeunesse représente Marie-Thérèse de Savoie (1756–1805), future comtesse d’Artois — épouse de Charles-Philippe, comte d’Artois, frère cadet de Louis XVI et futur roi Charles X de France. Représentée ici sous les traits de Diane, la jeune princesse apparaît avant son mariage — ou peut-être à la veille de l’union dynastique qui allait bientôt unir la Maison de Savoie aux Bourbons de France.
L’iconographie de Diane occupait une place particulière dans la culture de cour du XVIIIe siècle. Déesse de la chasse, elle symbolisait non seulement la chasteté, mais aussi la jeunesse, la maîtrise de soi aristocratique et une forme d’indépendance particulièrement adaptée à la représentation des princesses non mariées. Dans le cas présent, ce choix semble particulièrement juste : Marie-Thérèse est représentée avec une légèreté, une joie presque théâtrale et une grâce rococo qui correspondent naturellement à l’image d’une jeune princesse savoyarde au seuil d’une nouvelle étape de sa vie.
La datation du portrait vers 1770–1775 est confirmée avant tout par la coiffure du modèle. Sa forme appartient encore à la mode rococo tardive et précède les coiffures bien plus monumentales et élaborées qui se répandirent dans les milieux aristocratiques après l’ascension de Marie-Antoinette sur la scène française. Tout dans l’apparence du modèle — de la vivacité de l’expression à la légèreté du costume allégorique — renvoie à une image précoce de la princesse avant son mariage avec le comte d’Artois.
Les bijoux portés par le modèle présentent un intérêt particulier. Les grandes perles pendantes, presque de type peregrina, ainsi que l’imposante broche fixée au corsage, évoquent le goût raffiné de la cour espagnole et rappellent certains joyaux visibles dans les portraits de Marie-Antoinette Ferdinande d’Espagne, mère de Marie-Thérèse. De tels détails pouvaient constituer une subtile référence à la branche espagnole de la dynastie savoyarde, dont l’importance dynastique demeurait essentielle à la cour de Turin.
Un autre détail se révèle particulièrement intrigant. Malgré le goût évident de Marie-Thérèse de Savoie pour les bijoux — perceptible aussi bien dans le présent portrait que dans ses autres représentations — la princesse ne portait jamais de boucles d’oreilles, ce qui constitue un trait assez inhabituel pour une femme de son rang au XVIIIe siècle. Dans ce portrait, l’absence de cet ornement pourtant si courant à la cour devient ainsi un élément supplémentaire, discret mais profondément personnel, de son image.
L’œuvre doit être considérée comme un travail de jeunesse de Giovanni Panealbo, l’un des peintres de cour les plus intéressants actifs à Turin dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. On y perçoit encore la douceur du modelé, la transparence de la matière picturale ainsi qu’une harmonie colorée festive, presque musicale, caractéristiques des débuts de l’artiste. La délicatesse d’exécution, le traitement raffiné du visage et le sentiment vivant d’élégance aristocratique font de ce portrait un exemple particulièrement réussi de son art précoce.
Aujourd’hui, ce portrait peut être vu non seulement comme l’image d’une jeune princesse savoyarde, mais aussi comme une sorte de prologue historique. Devant nous se tient une Diane sereine — jeune, gracieuse et pleine de la confiance propre à l’optimisme de cour. Pourtant, quelques années plus tard seulement, Marie-Thérèse entrerait à la cour de France, dont le destin allait bientôt devenir indissociable de la chute dramatique de l’Ancien Régime.












