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RENE MARGOTTON 1915/2009

RENE MARGOTTON 1915/2009

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TRES BELLE OEUVRE DE RENE MARGOTTON. PARFAIT ETAT. 60X73CM

Il fréquente beaucoup les musées et entre dans l’atelier de Fernand Léger en 1948, peintre pour lequel il éprouve une grande admiration et dont il conservera l’amitié jusqu’à sa mort en 1955. Au cours d’une de ses nombreuses visites, il peindra une gouache de l’atelier de Fernand Léger à Gif-sur-Yvette représentant la maison « Le Gros Tilleul » (en raison de l’arbre qui trônait devant) avec une œuvre du maître « la fleur qui marche ». C’est quelques jours après, la même année , dans cette maison, que décédera Fernand Léger.

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Description

Dans ses mémoires d’une jeunesse un peu folle, Margotton évoque sa vie à Montparnasse « Ah! Montparnasse! A chaque fois, cette exclamation emplit mon cœur d’une douce émotion nostalgique. Je revis les souvenirs de ma jeunesse aux Beaux-Arts où j’étais le condisciple de Bernard Buffet. c’étaient les années 46 à 50. Ma mère habitait près d’Alésia, j’étais presque un « Montparnos ». Avec ma petite épouse nous allions dans les caves de Saint-Germain-des-Prés, l’on y rencontrait Juliette Gréco, Claude Luter, et puis les rendez-vous du peintre à La Coupole, les anciens évoquant les années 20, les Années folles ! Avec les amis, les copains, nous « buvions » leurs récits, emportés d’espoir, de réussite, de célébrité ! Et l’on en rencontrait des célébrités… Quelques années plus tard, je côtoyais Maurice Utrillo, Raoul Dufy, Foujita et bien d’autres devenus célèbres, que vendaient mes marchands. C’est encore à Montparnasse que je fis mes premières expositions. Je travaillais alors à l’atelier de Fernand Léger, quel bon maître! ; Ah oui! Montparnasse sera toujours et plus que jamais le symbole d’une époque où les artistes vivaient d’un quotidien souvent difficile, mais combien libres et heureux. » C’est concrètement pour l’artiste, sur le plan économique, la vie difficile décrite dans la chanson de Charles Aznavour : La Bohème.

Il conservera un certain temps l’influence de Fernand Léger avant de trouver sa propre voie. Il est donc l’héritier des cubistes et considéré comme l’un des derniers, avec tout ce que cela implique de rigueur et d’équilibre dans la composition de ses peintures.

Dans sa préface sur Margotton, Alain Bosquet de l’Académie Française écrit : « La féerie qui préside à ces paysages, Margotton l’introduit avec le même bonheur dans ses scènes de genre. Tous ses jeunes hommes sont des merlin qui descendent d’une autre planète pour nous étourdir et nous détourner de notre raison; toutes ces jouvencelles sont des fées qui pourraient, comme les valseuses de Hoffmann, se révéler de cire et de soupir, afin de mieux nous tuer d’émotion. Même ses tableaux religieux – qui ne manquent pas de souffle épique – Margotton les baigne d’étrangeté: un lyrisme où nous reconnaissons mille jalons de notre passé et qui s’agrémentent de bonheurs nouveaux. Je pourrais, si je me voulais pédant, dire que ce peintre réussit, pour les amateurs d’avant-garde ou de philosophie, à rendre abstrait le concret, à conjuguer le figuratif et le non-figuratif et à substituer au sein même de l’image les éléments chargés de la nier. Ces arguties-là seraient pertinentes et sans effet: Margotton a le don d’émerveillement, et celui-ci ne souffre pas l’exégèse pesante. Contentons-nous, en sa compagnie, d’avoir des ailes. »

De nombreuses expositions, notamment avec l’Ecole de Paris, le font dès lors connaître des collectionneurs français et étrangers et ses œuvres empreintes de féerie et de sensualité obtiennent vite un succès mondial. Consacré plus tard « peintre de la lumière », on trouve dans ses compositions hardies un climat souvent surréaliste qui ajoute dans toutes ses toiles un élément cosmique. Par la technique et la puissance de ses couleurs, il fait penser aux grands maîtres de la Renaissance italienne. Marcel Espiau voit dans son œuvre « une faculté d’invention nerveuse, une tension cérébrale qui force les portes de l’inconnu. Il crée. Ce n’est point d’ailleurs, qu’il se sépare tout à fait des formes habituelles, mais il les malaxe dans une architecture si personnelle, qu’elles prennent parfois des aspects provoquants. »En 1979, il participe à la biennale internationale de l’art sacré. Il se lance ensuite dans des réalisations en gemmail, un art du vitrail qu’il pratiquera pour des compositions destinées à diverses églises dont l’Église Saint-Martin de Valaurie, la Basilique Saint-Martin de Tours et la basilique Saint-Pie-X à Lourdes où 20 gemmaux ont été exécutés d’après ses œuvres entre 1989 et 1993.


Il fut le coprésident d’honneur de l’École des Buttes Chaumont, dont l’essence est de rassembler les grands professionnels et les grands noms internationaux de la peinture et de la sculpture d’expression figurative. Il fut également coprésident d’honneur du Salon international des rencontres picturales de Paris (SIRP).

Dans un texte manuscrit qu’il écrira vers la fin de sa vie transparait sa passion pour le mysticisme et le fantastique « Ne suis-je pas né d’autres vies, d’autres sphères, envoyé dans cette vie, sur cette planète… » Il décède le 22 décembre 2009 dans son atelier parisien du 44 de la Rue des Moines et sera enterré à Roanne dans sa ville natale. Le Ministre de la Culture Frédéric Mitterrand lui rendra hommage en référence à la poésie de son œuvre « C’est un grand artiste qui s’en va et un homme d’une rare qualité d’âme qui, tout au long de sa vie, nous aura fait rêver. »

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