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GIACINTO MASSOLA, DANTE ET BÉATRICE, ÉPISODE DE LA VITA NUOVA

GIACINTO MASSOLA, DANTE ET BÉATRICE, ÉPISODE DE LA VITA NUOVA

190

Dimensions H. 24.5 cm × L. 21 cm
Epoque

Technique

,

Taille

GIACINTO MASSOLA

Sarzana, 1820 – Gênes, 1865

DANTE ET BÉATRICE

ÉPISODE DE LA VITA NUOVA

Crayon et lavis gris sur papier

24,5 × 21 cm / 9.6 × 8.3 pouces

Domkarska 13, Bratislava, Slovaquie - 821 05
+421908351092
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Description

GIACINTO MASSOLA

Sarzana, 1820 – Gênes, 1865

DANTE ET BÉATRICE

ÉPISODE DE LA VITA NUOVA

Crayon et lavis gris sur papier

24,5 × 21 cm / 9.6 × 8.3 in

À quelle fréquence une vie bascule-t-elle en un seul regard ? Pour Dante, cela a suffi — pour reconnaître en Béatrice non seulement le cours de son propre destin, mais une figure appelée à le dépasser.

À partir de cet instant, Béatrice cesse d’être seulement une figure aimée : elle devient un principe fondateur de l’univers intérieur et poétique de Dante. Dans La Vita Nuova, elle est l’objet d’un amour profondément introspectif et spiritualisé ; dans la Divine Comédie, elle prend une dimension encore plus essentielle — celle de guide, conduisant Dante à travers le Paradis et incarnant une forme de sagesse et de grâce idéales. Sans Béatrice, l’univers poétique de Dante serait difficilement concevable : elle n’en est pas seulement le sujet, mais la source

Ce dessin de Giacinto Massola s’inspire d’un épisode de La Vita Nuova (vers 1294), œuvre autobiographique de Dante Alighieri consacrée à son amour pour Béatrice Portinari. Contrairement aux scènes plus célèbres et fréquemment illustrées de la Divine Comédie, la composition se concentre ici sur un moment profondément humain et chargé de tension psychologique, fondé sur le silence, le malentendu et la distance émotionnelle.

La scène renvoie à un épisode où Dante, dissimulant ses véritables sentiments, feint de s’intéresser à d’autres femmes. Lorsque des rumeurs lui parviennent, Béatrice choisit non pas la confrontation, mais le refus — elle refuse de le reconnaître. C’est précisément ce moment de rejet, marqué par la retenue et le silence, que Massola choisit de représenter.

Béatrice est vêtue de blanc, couleur traditionnellement associée à la pureté, mais aussi à la distance. Elle est accompagnée de deux femmes : son amie Monna Vanna marche à ses côtés, tandis qu’une servante la suit légèrement en retrait. Le groupe passe près du pont Santa Trinita à Florence, ancrant la scène dans un cadre urbain identifiable. Dante, à l’inverse, est relégué à la marge de la composition, exclu à la fois visuellement et émotionnellement. L’absence d’interaction directe renforce la tension : le sens ne passe pas par l’action, mais par les gestes, les attitudes et l’espace qui sépare les figures.

Le choix de ce sujet est étroitement lié au langage artistique du Risorgimento italien. Au XIXe siècle, les artistes, souvent empêchés d’exprimer directement leurs aspirations politiques, se tournent vers le passé comme vers un langage culturel commun. À travers des figures telles que Dante et Béatrice, ils expriment des idées d’identité, de mémoire et d’unité morale.

Massola revient à plusieurs reprises à la figure de Dante, qu’il considère comme une incarnation de la conscience culturelle italienne. Ce dessin compte parmi les exemples les plus aboutis de son intérêt pour les thèmes dantesques, alliant précision académique, sensibilité romantique tardive et finesse psychologique. Ici, l’épisode de La Vita Nuova n’est pas traité comme une simple illustration littéraire, mais comme une méditation autonome sur l’amour, le silence et l’épreuve morale. Le passé n’est pas seulement représenté — il devient un moyen de réflexion, un langage à travers lequel s’expriment, en filigrane, les préoccupations du présent.

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