ANTOINE PESNE, attribué à, PORTRAIT DE WILHELMINE DE HESSE-CASSEL, PRINCESSE DE PRUSSE, EN DIANE
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ANTOINE PESNE, attribué à
PORTRAIT DE WILHELMINE DE HESSE-CASSEL, PRINCESSE DE PRUSSE, EN DIANE
Huile sur toile, signée « W. » sur le collier du chien
39 × 46 cm / 15,4 × 18,1 pouces, avec cadre 54 × 61 cm / 21,3 × 24 pouces
Description
ANTOINE PESNE, attribué à
PORTRAIT DE WILHELMINE DE HESSE-CASSEL, PRINCESSE DE PRUSSE, EN DIANE
Attribué à Antoine Pesne
Paris, 1683 – Berlin, 1757
Huile sur toile, signée « W. » sur le collier du chien
39 × 46 cm / 15,4 × 18,1 pouces, avec cadre 54 × 61 cm / 21,3 × 24 pouces
PROVENANCE
France, collection privée
Ce petit mais raffiné portrait, attribué à Antoine Pesne, présente de frappantes affinités stylistiques et compositionnelles avec les grands portraits réalisés par l’artiste à Berlin, représentant des membres de l’aristocratie prussienne et de la famille royale. Le modèle, identifié comme Wilhelmine de Hesse-Cassel (1726–1808), princesse de Prusse, apparaît sous les traits de Diane, déesse de la chasse — un motif récurrent dans les portraits allégoriques féminins de Pesne.
L’identification repose sur deux éléments. Tout d’abord, l’iconographie de Wilhelmine est bien connue, notamment à travers le portrait exécuté vers 1752–1755 par Johann Heinrich Tischbein, la représentant avec une tasse de chocolat et son chien favori — œuvre qui fut jadis à l’origine d’une confusion d’attribution. Ensuite, la lettre « W » visible sur le collier du chien constitue une indication directe du nom de la princesse.
Contrairement à son époux, le prince Henri de Prusse (1726–1802), peu amateur de chasse, Wilhelmine est ici représentée avec son chien préféré, incarnant l’indépendance et la vitalité sous les traits de Diane. Le portrait fut probablement peint peu après leur mariage, en 1752, période de grande visibilité cérémonielle à la cour prussienne.
Wilhelmine, fille du prince Maximilien de Hesse-Cassel (fratre du landgrave Guillaume VIII et du roi Frédéric de Suède) et de la princesse Frédérique Charlotte de Hesse-Darmstadt, était célèbre pour sa beauté et son esprit. Elle rencontra le prince Henri lors du séjour de celui-ci à Cassel en 1751 ; leur mariage, célébré au château de Charlottenbourg le 25 juin 1752, donna au jeune couple sa propre maison de cour, partagée entre le château de Rheinsberg et Berlin.
Bien que leur union fût restée sans enfants et marquée par une distance affective — le prince Henri étant connu pour son attachement à son entourage masculin — Wilhelmine conserva toujours sa dignité et une présence culturelle à la cour. Après leur séparation, elle vécut dans son palais de l’Unter den Linden, aujourd’hui partie de l’Université Humboldt. Remarquablement, lors de l’occupation de Berlin par les troupes napoléoniennes en 1806, la princesse, alors âgée de quatre-vingts ans, fut l’une des rares membres de la famille royale à être restée dans la capitale.
Du point de vue iconographique, représenter une princesse sous les traits de Diane constituait traditionnellement une allégorie prénuptiale de pureté et de chasteté. Dans le cas présent, toutefois, le symbolisme acquiert une dualité fascinante : Wilhelmine, liée à un mariage resté non consommé avec un prince largement considéré comme homosexuel, réinterprète la figure de Diane, non plus comme symbole d’innocence virginale, mais comme emblème d’autonomie et de force intérieure.
Peint avec l’élégance caractéristique de Pesne — teints lumineux, étoffes chatoyantes, lumière subtile — ce portrait illustre parfaitement l’esprit raffiné du rococo frédéricien, où l’imagerie mythologique, la représentation dynastique et la nuance psychologique se rejoignent dans le cadre sophistiqué de la culture de cour du XVIIIᵉ siècle berlinois.













